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Nick Drake, accroché à une étoile

Référence obligée de tout amateur de folk qui se respecte, influence revendiquée par des artistes aussi divers que The Cure, Lucinda Williams, Badly Drawn Boy ou Graham Coxon, Nick Drake est pourtant bien plus qu’un artiste maudit, oublié puis promu au rang de « songwriter culte ». Guitariste hors du commun, compositeur époustouflant, parolier stupéfiant, il est avant tout responsable de trois superbes albums qui hantent aujourd’hui plus encore qu’hier, de nombreux coœurs sur cette terre.

“Fame is but a fruit tree
So very unsound
It can never flourish
‘Til its stock is in the ground
So men of fame
Can never find a way
‘Til time has flown
Far from their dying day
 
Forgotten while you’re here
Remembered for a while
A much updated ruin
From a much outdated style”

Commencer à parler de Nick Drake en évoquant cette chanson n’est peut-être pas d’une originalité renversante, mais, même si cela a été dit et répété maintes fois, il est toujours aussi frappant qu’un jeune homme d’à peine 20 ans ait écrit et enregistré une chanson qui corresponde si bien à son destin ; pour peu qu’on connaisse un minimum de la vie de son auteur, il est impossible de ne pas penser, en écoutant cette chanson, qu’elle revêt un caractère presque prophétique. Passé quasiment inaperçu de son vivant, au grand étonnement de tous ceux qui l’ont connu et écouté, puis découvert, petit à petit, à mesure que le temps fuyait, pour finalement être reconnu comme un des tout meilleurs songwriters qu’ait porté cette Terre, doublé d’un musicien épatant. Aujourd’hui, personne ne discute la qualité de sa courte mais impeccable discographie, on ne compte plus les musiciens le citant parmi leurs influences, Brad Pitt se proclame fan, et sa chanson Pink Moon a même été utilisée dans une publicité pour Volkswagen. Tout en n’ayant pas atteint le niveau de popularité de beaucoup de ses contemporains, sa magie continue d’opèrer, doucement mais sûrement, et de convertir de nouveaux adeptes - car il est difficile de résister à ses mélodies ensorcelées et nimbées d’autant de beauté que de mystère. Alors, de Nick Drake, on ne sait pas tant de choses que cela ; il n’a jamais donné qu’une interview et une poignée de concerts, et de ce peu d’exposition de son vivant, la légende a fait son lit, toute heureuse qu’elle était de pouvoir ajouter une figure au Panthéon des génies maudits, incompris, disparus trop tôt et condamnés à n’être révélés aux yeux du monde que longtemps après leur mort. Et forcément, Nick Drake se traîne une réputation d’introverti maladif, voire autiste, de poète dépressif, de jeune artiste trop beau pour vieillir autant que de grand sage qui comprenait trop bien le monde... Cela fait beaucoup, et si tout n’est pas faux, et s’il s’agit en effet d’un personnage aussi fascinant que doué, c’était avant tout un jeune passionné par la musique depuis sa toute petite enfance et déterminé à faire partager les mélodies qui perturbaient son esprit au plus de monde possible.