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Pink Floyd, l’Odyssée

By the way... which one is Pink ?

Début des années 60, le rock’n’roll, un genre tout à fait nouveau apparu depuis trois ou quatre ans, fait fureur et suscite des vocations. Des groupes se forment, se disloquent, les membres se mélangent et la ronde continue... Cambridge, bonne ville bourgeoise anglaise, n’échappe pas à ce phénomène.

Les balbutiements du Floyd

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Syd Barrett

Roger Keith Barrett, naît le 6 janvier 1946 dans une famille nombreuse dont le patriarche est un médecin. Famille nombreuse mais relativement aisée donc. Très tôt, son père lui découvre des aptitudes à la musique. Parfois, alors qu’il s’assied à son piano, il voit son fils l’imiter et l’encourage dans cette voie. A l’école, le petit Roger est un peu turbulent, dans son monde. Il excelle dans les matières artistiques et aime se démarquer du lot. Une enseignante plutôt autoritaire répondant au nom de Mary Waters (mère d’un autre Roger...) le remarque, voit en lui un bon élève, quoiqu’un peu individualiste. En 1957, Roger entre au lycée de Cambridge, et, au gré des discussions, découvre le blues. C’est sa petite amie de l’époque qui commence à l’appeler « Syd ». Il reçoit régulièrement dans la maison familiale toute une flopée d’adolescents avides de musique. On s’y passe les nouveautés, on découvre Bo Diddley, The Shadows, Buddy Holly, Muddy Waters, Howlin’Wolf, etc... En 1961, son père offre à Syd sa première guitare. Première d’une longue série. Le jeune homme apprend à en jouer, s’imprègne du blues et aussi d’alcool... Il fonde son premier groupe Hollerin’ Blues avec deux amis : Clive Welham et John Gordon. Ils jouent dans la maison de Syd devant le cercle d’habitués. L’un d’eux se joindra timidement au groupe à quelques reprises : David Gilmour. Le courant passe bien entre les deux mais Dave ne tarde pas à partir pour un autre collège et s’éloigne de Syd. L’hiver 1961 va marquer Syd à jamais. La veille de Noël, son père décède d’un cancer foudroyant. Dès lors, Syd ne s’habille plus qu’en noir, accentuant son teint pâle et son coté mystérieux. Après quelques ébats musicaux au sein de groupes éphémères, Syd se met à la basse et forme un groupe déjanté de rythm’n’blues : Those Without. Comme il est de coutume à l’époque, les membres du groupe s’en vont à droite à gauche et jouent aux chaises musicales : Syd reforme les Hollerin’ Blues, mais sans son ami John Gordon qui remplace David Gilmour chez les Ramblers, ce dernier ayant rejoint Chris Ian And The Newcommers.

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Roger Waters

Roger Waters est l’inverse de Syd. Né le 6 Septembre 1943, il est élevé dans le respect strict des règles, dans l’ombre d’une mère autoritaire vouant un culte religieux à son défunt mari, mort à Anzio pendant la Seconde Guerre Mondiale. Roger sera officier, comme son père... son frère aussi. Il se doit d’être le meilleur. Ainsi, en garçon sage, Roger est le meilleur de sa classe, travaille beaucoup, s’amuse peu. On est loin de l’ambiance qui règne à la maison voisine des Barrett. Mais voilà ! Le rock’n’roll pointe son nez. Roger qui s’amuse peu, rêve d’autres horizons, ses notes baissent et, bac en poche, il part s’installer à Londres dans un quartier d’artistes. Sa mère déchante. Elle qui le voyait dans une école d’officiers, il s’inscrit à la Regent Street Polytechnic School, en tant qu’étudiant en architecture, et sacrifie sa première bourse pour s’acheter... une basse. « C’est moins valorisant que la guitare, mais il n’est pas d’axe plus stratégique que celui du bassiste... quand on sait s’en servir ! Comme tous les autres, j’avais les Beatles en ligne de mire : mais moi, c’est la place de McCartney que je visais...  ». Roger est du genre ambitieux, mais aussi du genre à se donner les moyens de ses ambitions. Il va s’installer chez un certain Mike Leonard avec deux autres étudiants en architecture : Nicholas Berckeley Mason (dit Nick) et Richard William Wright (dit Rick). Les trois étudiants sont encore loin d’imaginer ce qui les attendent.

Nick et Rick, passionnés de jazz, répètent sous le nom de Sigma 6, avec Juliette Gale, la petite amie de Rick. Aussitôt arrivé, Roger les rejoint en y apportant le rock’n’roll, le groupe s’adapte au gré des goûts de chacun. Mais aucun d’eux n’ayant l’esprit de leader, d’autres musiciens viennent donc les rejoindre. Mais Sigma 6 n’échappe pas à la tendance de l’époque : des musiciens se succèdent sans arrêt mais le noyau des trois garçons reste.

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The Pink Floyd Blues Band
(de gauche à droite : Rick Wright, Roger Waters, Nick Mason, Syd Barrett, Bob Klose)

Changements réguliers de formations sous entend changements aussi réguliers de noms. Ainsi, le groupe se rebaptise The Meggadeaths, Leonard’s Lodgers (en hommage à leur hôte) ou encore Abdabs qui restera plus longtemps mais sous d’autres formes : The Architectural Abdabs ou The Screaming Abdabs. Un beau jour de 1964, Syd débarque à Londres. Il vient retrouver Roger, sympathise avec Nick et Rick, s’installe avec eux chez Mike Leonard et intègre le groupe en invitant un ami pro du blues : Bob Klose. Le groupe prend alors la voie du blues. Bob, en professionnel, veut un groupe sérieux alors que les quatre autres, entre qui une complicité grandit, cherchent à s’amuser. Agacé, Bob Klose va vite partir. Syd change alors le nom de la formation en associant les noms de deux bluesmen obscurs, originaires de Georgie : Pinkney « Pink » Anderson et Floyd « Dipper Boy » Council. Ce qui donne... The Pink Floyd Blues Band [1]...