Tracklisting :
 
1- Sunday Morning (2’54”)
2- I’m Waiting For The Man (4’37”)
3- Femme Fatale (2’37”)
4- Venus In Furs (5’10”)
5- Run Run Run (4’20”)
6- All Tomorrow’s Parties (5’58”)
7- Heroin (7’10”)
8- There She Goes Again (2’38”)
9- I’ll Be Your Mirror (2’12”)
10- The Black Angel’s Death Song (3’12”)
11- European Son (7’46”)
 
Durée totale : 48’59”

Article écrit par Fran

Guide Rock

> Albums Incontournables

The Velvet Underground & Nico

The Velvet Underground

paru en mars 1967 (Verve/Polydor)

Notre petite existence est parcouru d’événements imprévisibles, de chocs émotionnels dont on se relève rarement indemne. Il y a des disques qui mettent à plat toutes vos certitudes, qui vous prennent par le col et qui vous disent : « Qu’est-ce que t’as à répondre à çà p’tit con ! ».

The Velvet Underground & Nico est l’un de ceux-là. Un album toujours aussi mystérieux, insondable mais dont l’importance se fait encore sentir aujourd’hui. Cité comme exemple par des ribambelles de jeunes groupes désireux de s’acheter une crédibilité, il est la pierre angulaire du rock moderne. Pourtant à sa sortie, il ne suscite que peu d’intérêt et on ne voit en lui qu’une performance wharolienne parmi tant d’autres : l’artiste leur a autorisé d’enregistrer dans son atelier La Factory, leur présenta la belle Nico, agrémenta leurs shows d’effets visuels et créa une pochette inoubliable. Mais par dessus tout, ce qui frappe le plus aujourd’hui encore c’est ce son si particulier, intemporel, qui révolutionna à jamais le rock’n’roll !

Nous sommes au printemps 1967, le LSD prolifère et la créativité foisonne outre-manche (Sgt. Pepper’s des Beatles, premier Floyd) tandis que la Californie agite un flower power qui enivre toute cette jeunesse née dans un monde trop vieux. Un disque va alors contredire cette effervescence qui fleure bon la liberté à grands coups de poignards fatalistes -bien avant celui d’Altamont- faisant de l’utopie hippie un mouvement mort-né.

Dans Waiting For The Man, Lou Reed nous entraîne dans les rues sombres de New York cherchant désespérément une dose de dope (la basse et la guitare saccadées expriment parfaitement cette course folle). La dépendance à la drogue est un thème récurrent Run Run Run ou encore Heroin qui décrit les effets tantôt violents tantôt extatiques d’un fix. Les douces mélodies Sunday Morning, Femme Fatale, I’ll Be Your Mirror ne peuvent masquer les triturations cérébrales de Lou Reed emmenées par la voix glaciale de Nico. Venus In Furs nous transporte dans un univers sadomasochiste malsain tandis que The Black Angel’s Song et European Son emmenées par le violon dingue de Cale clorent l’album d’une manière si chaotique mais tellement jubilatoire que l’auditeur se verra machinalement repousser le bouton Play.

C’est un mal-être constant qu’exprime Lou Reed, loin des trips échappatoires du psychédélisme, ce qui expliquerait sans doute le succès à retardement de ce disque. Un disque qui ouvra de nouvelles pistes à explorer pour le rock’n’roll dans lesquelles s’engouffrèrent des générations de gamins.